Faits saillants du mois dernier

Alors que les équipes sélectionnées pour la Coupe du monde s'affrontaient durement, les tensions internationales s'aggravaient en dehors du terrain. Le sommet du G7 s'est déroulé dans une ambiance assez délétère compte tenu de la récente imposition de droits de douane sur l'acier et l'aluminium du président Donald Trump, mettant ainsi les États-Unis en opposition avec ses alliés traditionnels. En revanche, l'administration américaine a tendu la main à des partenaires assez inhabituels : le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, que M. Trump avait rencontré à Singapour dans l'expectative de trouver des objectifs communs, et le président russe Vladimir Poutine, qui a accepté de rencontrer son homologue américain au cours d'un premier sommet bilatéral. Les tensions entre les États-Unis et la Chine montant encore d'un cran (cette dernière a répliqué à l'annonce de nouveaux tarifs douaniers américains), le moral des investisseurs a fléchi. En outre, les politiques d'immigration ont envenimé un mois déjà délicat à bien des égards : aux États-Unis, l'abrogation d'une politique impopulaire par Donald Trump a débouché sur la séparation des familles à la frontière mexicaine; en Allemagne, la coalition d'Angela Merkel a dû composer avec une opposition déterminée à sa politique d'immigration de la part de l'Union sociale chrétienne (CSU); et en Italie, le gouvernement a refusé l’asile à un bateau d'immigrants. Par ailleurs, en Espagne, l'opposition socialiste a destitué le premier ministre Mariano Rajoy dans un vote de non-confiance. En Turquie, le président a été réélu. Enfin, en Colombie, les électeurs ont porté au pouvoir Ivan Duque, le plus jeune président que le pays ait compté.

Les divergences de croissance parmi les grandes économies mondiales ont préparé le terrain pour des politiques monétaires moins synchronisées. Aux États-Unis, la Réserve fédérale a relevé son taux cible à nouveau d'un quart de point, entre 1,75 % et 2,00 %, et a prévenu qu’elle procéderait à deux hausses complémentaires en 2018. La décision très attendue a été annoncée alors que le marché du travail démontre toujours un fort dynamisme et que les prix ont augmenté. Les entreprises ont effectivement créé 223 000 emplois en mai, faisant passer le taux de chômage à 3,8 % (un creux qui n'avait pas été atteint depuis plusieurs décennies) et l'indice des dépenses de consommation personnelle (« PCE »), a atteint le fameux seuil de 2 % pour la première fois en six ans. De l'autre côté de l'Atlantique, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé son intention de réduire son programme de rachat d'actifs, indiquant toutefois que les taux demeureraient inchangés au moins jusqu'en 2019. La décision de la BCE a été annoncée alors que la croissance économique semble quelque peu s'essouffler parmi les 19 membres de l'Union européenne. L'indice des directeurs d'achat de la zone euro (PMI) a confirmé un léger repli, demeurant toutefois en territoire d'expansion, à 54,3. L'inflation de base dans la zone euro a également ralenti à 1,0 % en juin, un léger recul par rapport au 1,1 % du mois dernier, pour clôturer bien en deçà de l'objectif. En Chine, la Banque centrale a également adopté un ton conciliant, assouplissant sa politique en raison de la vigueur du dollar américain, de la baisse des marchés boursiers et de la possibilité d'une guerre commerciale avec les États-Unis.

Les événements géopolitiques ont perturbé les marchés. Une croissance dynamique et un excellent moral des investisseurs ont tiré à la hausse les actions et les obligations à rendement élevé en début de mois, sur fond de hausse des taux d'intérêt américains. Toutefois, l'escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine a coupé l'appétit pour le risque, renversant ainsi la tendance. Sur les marchés boursiers mondiaux, les placements défensifs (ex. services publics, FPI) ont enregistré un rendement excédentaire, tandis que les industries et les services financiers subissaient une correction. En fin de mois, les actions ont généralement clôturé en territoire négatif et ce renversement de tendance par rapport au début du mois a caractérisé la plupart des catégories d'actif. Le prix du pétrole a été volatil après que l'OPEP ainsi que la Russie et d'autres pays producteurs aient décidé d'augmenter la production. Le dollar américain a bien résisté par rapport à un panier de devises mondiales, tiré à la hausse par la poursuite de la normalisation monétaire de la Réserve fédérale, alors que les banques centrales des autres pays conservent un ton beaucoup plus conciliant. Les marchés émergents ont en conséquence continué de subir la pression du dollar fort, ainsi que les incertitudes en matière de politique commerciale et la détérioration de l'appétit pour le risque.

Chart 1

« Hors-jeu en seconde mi-temps »
Après un excellent début de mois, les marchés ont rebroussé chemin à mesure que les tensions commerciales émoussaient le moral des investisseurs. Les actifs à risque, particulièrement les actions américaines et les obligations à rendement élevé, se sont dans l’ensemble appréciés en juin, en raison de données encourageantes sur l’emploi et d’un excellent moral. Les actions mondiales ont également progressé, alors que les taux de rendement sur les marchés boursiers augmentaient. La tendance s’est renversée en milieu de mois, les préoccupations entourant les États-Unis et la Chine ayant déstabilisé les marchés. Le président Donald Trump a annoncé des droits de douane sur 50 G$ d’importations chinoises et a également proféré des menaces de taxes sur un volume complémentaire de 200 G$, précipitant les actions à la baisse alors que les écarts s’amplifiaient. Les actifs de qualité supérieure ont profité d’un retour vers les valeurs refuges qui a précipité les rendements des obligations d’État à la baisse. La détérioration des relations commerciales internationales s’est avérée particulièrement délicate pour les marchés émergents, les actions chutant pour le cinquième mois consécutif de l’année.

Aperçu du marché

ACTIONS

D’excellentes données fondamentales ont compensé les préoccupations d’ordre géopolitique ou commercial et les actions des marchés développés 1 ont fait du surplace au cours du mois. Après un excellent départ, les actions américaines 2,4 ont finalement clôturé avec une progression limitée à 0,6 %, les incertitudes commerciales pesant sur le moral des investisseurs dans la deuxième partie du mois. Les actions européennes3 se sont dépréciées de 0,7 % à cause d’incertitudes nées des enjeux d'immigration dans l'Union européenne et de tensions commerciales à l'échelle mondiale.

Dans l'ensemble, les actions des marchés émergents 5 ont abandonné 4,2 % en juin, principalement à cause des craintes liées aux échanges internationaux et de la vigueur du dollar américain. Les actions brésiliennes 6 ont cédé 5,2 % du fait de la faiblesse des marchés émergents dans l'ensemble, de la dévaluation constante du real brésilien et des incertitudes liées aux élections présidentielles du mois d'octobre. Les actions chinoises 7 ont plongé de 7,3 %, malmenées par la prolongation des tensions géopolitiques, une forte dépréciation du yuan chinois et des données économiques décevantes. À l'inverse, les actions indiennes 8 se sont appréciées de 0,5 % après que la Banque de réserve indienne rehausse ses taux directeurs de 0,25 %, justifiant sa décision par une confiance dans la reprise économique du pays et un raffermissement des pressions inflationnistes. Les actions russes 9 ont augmenté de 0,9 % grâce à la hausse des prix du pétrole et à la stabilité des données économiques, isolant ainsi les marchés russes de la volatilité générale qui s'est emparée des ME.

TITRES DE CRÉANCE DES MARCHÉS DÉVELOPPÉS

Aux États-Unis, la Réserve fédérale a procédé à une hausse très attendue des taux d'intérêt. Les marchés ont anticipé un autre relèvement en 2018 après une interprétation du fameux « graphique à points » pointant vers une politique plus restrictive. Les taux de rendement des bons du Trésor américain à deux ans ont bondi de 10 points de base, pour atteindre 2,53 %. Malgré d'excellentes données économiques et une hausse de l'inflation, le rendement des bons du Trésor à dix ans est resté inchangé à 2,86 % sur fond de tensions commerciales aggravées et d'un aplanissement de la courbe des rendements en conséquence. Dans la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé son intention de mettre fin à son programme de rachat d'obligations d'ici la fin de l'année, mais a décalé ses prévisions de relèvement de taux jusqu'au moins l'été 2019, contribuant ainsi à une baisse de quatre points de base des rendements des obligations d'État allemandes, à 0,30 %. Au R.-U., la Banque d'Angleterre (BoE) a laissé son taux directeur inchangé, mais l'embellie économique suggérée par les derniers indicateurs a augmenté la probabilité d'une hausse en août, le taux à deux ans augmentant de 11 pdb, à 0,72 %.

TITRES DE CRÉANCE INDEXÉS À L’INFLATION

Les obligations mondiales indexées à l'inflation ont enregistré des rendements positifs, surclassant dans l'ensemble les obligations d'État en valeur nominale du fait d'un rebond du prix du pétrole en fin de mois et d'une reprise de l'inflation généralement constatée dans les grandes économies de nature à soutenir les points morts sur l'inflation. Aux É.-U. les TIPS ont progressé de 0,40 %, comme indiqué par leur indice de référence Bloomberg Barclays. L'atténuation persistante de la courbe des rendements réels ne s'est pas démentie en juin, causée par le dynamisme du marché de l'emploi ainsi que par un ton légèrement plus restrictif dans l'énoncé de la Réserve fédérale à l'issue de sa réunion de juin. Les points morts sur l’inflation aux États-Unis ont grimpé au cours du mois, l'escalade des tarifs douaniers se poursuivant alors que le prix du pétrole augmentait au lendemain de la réunion de l'OPEP. Les rendements réels au Royaume-Uni et dans la zone euro ont amorcé le mois en légère hausse, en raison des craintes d'un arrêt à court terme du programme de rachat d'actifs de la BCE, mais ont ensuite fléchi lorsque celle-ci a précisé qu'aucun relèvement ne surviendrait avant un délai relativement long après la fin du programme. Les obligations indexées à l’inflation de l'Italie ont notablement surclassé le marché au cours du mois, effaçant une partie de leur sévère perte du mois précédent due aux perturbations politiques.

OBLIGATIONS DE SOCIÉTÉS

Les écarts sur les obligations de sociétés mondiales 10 se sont resserrés de 10 pdb en mai et la catégorie a été surclassée par les obligations d’État mondiales de durée équivalente de -0,27 %, enregistrant un rendement de -0,38 %. Des flux entrants modérés et la récente volatilité liée à la politique commerciale américaine, la contreperformance des titres de créance italiens et des marchés émergents, ainsi que les émissions en cours liées aux fusions et acquisitions ont contribué à une certaine faiblesse des écarts au cours du mois.

Les cours des obligations mondiales à rendement élevé 11 ont été volatils en juin, du fait des fluctuations des actions, des bons du Trésor et du prix du pétrole, ainsi que des craintes croissantes entourant les échanges internationaux. Les écarts ont atteint leur plus haut niveau depuis le début de l’année, mais les obligations mondiales à rendement élevé ont fini par afficher des rendements légèrement positifs, la catégorie de qualité inférieure triple C surclassant les autres.

TITRES DE CRÉANCE DES MARCHÉS ÉMERGENTS

Les titres de créance des marchés émergents ont enregistré des rendements négatifs en juin pour l’ensemble des sous-secteurs. La catégorie en monnaie locale a subi la dévaluation des monnaies des ME et la hausse des rendements indiciels, le billet vert continuant de s’apprécier alors que les taux demeuraient volatils. Dans la catégorie en monnaie externe, l'amplification des écarts et l'augmentation générale des rendements sous-jacents des bons du Trésor ont eu un effet favorable. Les titres de créance externes et locaux de l’Argentine ont notablement tiré de l’arrière, du fait de la baisse du peso et d’une forte sécheresse. Le marché sud-africain est également resté significativement à la traîne par rapport à l'indice des instruments de créance locaux, un important déficit du compte courant, des données économiques nettement négatives au premier trimestre ainsi qu'un sentiment généralement baissier à l'égard du marché ont sévèrement pesé sur le rand.

TITRES ADOSSÉS À DES CRÉANCES HYPOTHÉCAIRES

Les TACH garantis 12 ont enregistré une variation de 0,05 % au cours du mois, mais ont surclassé de 3 pdb les bons du Trésor de durée similaire. Malgré le repli du programme de rachat d'actifs de la Réserve fédérale et de son effet sur le secteur, le rendement de la demande du côté des banques, une faible volatilité et des flux de trésorerie élevés ont soutenu les TACH garantis. Les coupons à 4,0 % et 4,5 % ont été distancés par leurs homologues à 3,0 % et 3,5 %; les TACH de Ginnie Mae ont surclassé leurs homologues conventionnels et ceux à 15 ans ont surpassé leurs homologues à 30 ans. Le volume brut d’émission et le rythme des remboursements anticipés ont augmenté en juin. Les TACH résidentiels non garantis ont été surpassés par les bons du Trésor de durée similaire au cours du mois 13, comme leurs homologues commerciaux, de 11 pdb.

OBLIGATIONS MUNICIPALES

L'indice des obligations municipales Bloomberg Barclays a progressé de 0,09 % en juin pour clôturer à -0,25 % depuis le début de l'année. Les obligations municipales ont légèrement devancé les bons du Trésor et les émissions de qualité moindre ont légèrement surclassé celles de meilleure qualité, l’indice des obligations municipales à rendement élevé Bloomberg Barclays enregistrant une progression de 0,50 % et de 3,66 % depuis le début de l’année. Les émissions du mois de juin ont été équivalentes à celle du mois précédent, soit 31 milliards $, mais le volume total depuis le début de l’année demeure inférieur de 21 %. Il ne s’agit pas d’une surprise compte tenu de l’augmentation des quantités à la fin de 2017 (à l’approche de la réforme fiscale). Au cours des prochains mois, nous nous attendons à ce que la dynamique de l’offre et de la demande soit favorable pour les obligations municipales. Des rachats importants en cette période devraient coïncider avec une offre continuellement faible.

DEVISES

La reprise du dollar américain s’est poursuivie en juin, à mesure que les divergences de politique monétaire entre la Réserve fédérale et les autres banques centrales maintenaient la pression sur la plupart des autres devises du G10. La politique monétaire a été un vecteur essentiel de progression de l’euro et du yen, la monnaie unique se dépréciant du fait du ton conciliant de la BCE dans ses prévisions et le yen s’est affaibli après que la Banque du Japon (BdJ) révise à la baisse ses prévisions d’inflation, malgré l’intérêt de la devise comme valeur refuge dans ce contexte d’escalade des tensions commerciales. La livre sterling a perdu 0,7 % lorsque les préoccupations d’ordre politique l’ont emporté sur un revirement de la Banque d’Angleterre qui a anéanti la probabilité d’une hausse des taux en août. Parmi les marchés émergents, le yuan chinois s’est affaibli de 3,2 % sur fond de rumeurs d’achat officiel de dollars ainsi que d’un léger assouplissement de politique monétaire pour contrer les menaces de tarifs douaniers.

MATIÈRES PREMIÈRES

Les matières premières ont enregistré des évolutions mitigées en juin. Dans le secteur de l’énergie, le baril de brut s’est apprécié même si la Russie et d’autres pays producteurs ont accepté d’augmenter la production à un million de barils par jour (par rapport à 700 000 aujourd’hui). Le cours du pétrole a également été soutenu par les incertitudes entourant les exportations libyennes ainsi que par les tentatives de l’administration Trump de se trouver des alliés pour faire cesser toutes les importations de pétrole iranien. Le gaz naturel a fleureté avec la barre de 3 $ par million de BTU en anticipation du temps chaud et de la hausse de la demande, mais a effacé ses gains du fait d’une production élevée et de prévisions météorologiques plus modérées. Le secteur agricole a affiché de lourdes pertes à cause des tarifs douaniers récemment annoncés par les É.-U. et la Chine a ravivé des craintes de guerre commerciale entre les deux plus grandes économies. Les denrées oléagineuses ont chuté en premier, le cours au comptant des contrats à terme atteignant un creux de 10 ans, tandis que les cours des céréales souffraient également. Les métaux de base ont fléchi du fait de préoccupations sur les tensions commerciales et de la croissance chinoise, tandis que le platine était distancé par l’or et l’argent en raison d’une dynamique défavorable de l’offre et de la demande.


Annexe

Perspectives

Sur la base des perspectives structurelles de PIMCO établies en mars 2018.

PIMCO s'attend à ce que l'augmentation du PIB mondial demeure comprise entre 3,0 % et 3,5 % en 2018, moyennant une inflation faible, mais en légère progression. Des politiques budgétaires favorables sous-tendent toujours une croissance soutenue pour le reste de l’année 2018. Nous misons maintenant sur une croissance du PIB aux États-Unis, dans la zone euro, au Royaume-Uni et en Chine pour 2018 légèrement supérieure à celle envisagée dans nos prévisions de décembre. En revanche, nous avons révisé à la baisse nos estimations pour le Mexique et l'Inde. Les causes de cette récente accélération demeurent incertaines et pourraient en affecter la durée au-delà de 2018. Nous avons également légèrement revu à la hausse nos prévisions d'inflation pour l'année en cours par rapport à notre énoncé de décembre, en raison de l'augmentation du prix du pétrole.

Aux États-Unis, nous tablons sur une croissance supérieure à la moyenne des prévisions et comprise entre 2,25 % et 2,75 % pour 2018. Les baisses d'impôts bénéficiant aux ménages et aux entreprises devraient créer 0,3 point de pourcentage de croissance en 2018, tandis que l'augmentation des dépenses du gouvernement fédéral prévue dans les deux prochaines années apportera un effet équivalent. En outre, un taux de chômage sous la barre des 4 % déclenchera logiquement une pression à la hausse sur les salaires et sur les prix à la consommation qui propulsera certainement l'inflation de base au-delà de 2 % au cours de l'année. Sous la houlette de son nouveau président, la Réserve fédérale devrait poursuivre une politique de resserrement progressif. Nous misons à cet égard sur trois hausses de taux cette année et éventuellement quatre si la conjoncture financière et économique demeure positive.

Dans la zone euro, nous estimons que la croissance devrait osciller entre 2,25 % et 2,75 % cette année, comme en 2017. L'expansion a été généralisée à l’ensemble de la région, mais les difficultés politiques dénotent une certaine fragilité. L'inflation de base devrait toutefois demeurer très faible pour n'atteindre que péniblement la barre du 1 % cette année, du fait de la faiblesse des pressions sur les salaires et de l'appréciation de l'euro en 2017. Nous nous attendons à ce que la Banque centrale européenne mette fin à son programme de rachat cette année, mais les obligations arrivant à échéance continueront de faire l'objet d’un réinvestissement pendant un certain temps. Nous n’entrevoyons aucun relèvement de taux avant la mi 2019.

Au Royaume-Uni, nous tablons sur une croissance supérieure à la moyenne des prévisions et comprise entre 1,5 % et 2,0 % pour 2018. Dans notre scénario de référence, nous comptons sur un départ de l'Union européenne relativement indolore et, en conséquence, sur une augmentation des investissements grâce à un retour de la confiance des dirigeants d'entreprise. Après sept années d'austérité budgétaire, nous nous attendons également à une reprise des dépenses publiques. L'inflation devrait ralentir pour renouer avec l'objectif de 2 % d'ici la fin de l'année, à mesure que se dissipent les effets de la dépréciation de la livre sterling constatée en 2017. La Banque d'Angleterre procédera vraisemblablement à un resserrement monétaire très progressif que nous évaluons à deux hausses de taux pour 2018.

Au Japon, la croissance du PIB devrait rester ferme et osciller entre 1,0 % et 1,5 % en 2018. La politique budgétaire demeurera vraisemblablement favorable alors que la hausse de la taxe sur la valeur ajoutée doit entrer en vigueur en 2019. Avec un taux de chômage inférieur à 3 % et une accélération du rythme de la création d’emplois les hausses salariales devraient se confirmer et contribuer à une reprise de l'inflation de base au cours de l'année, jusqu'à un niveau légèrement inférieur à 1 %. L'appréciation du yen génère un effet déflationniste, mais les gouverneurs adjoints récemment nommés à la Banque du Japon favorisent un positionnement monétaire plus conciliant et la politique de contrôle de la courbe des taux pourrait ne connaître d'inflexion qu'à partir de 2019.

En Chine, nous nous attendons à une décélération maîtrisée de la croissance, vers un rythme compris entre 6,0 % et 7,0 % cette année, par rapport à 6,8 % en 2017. Les autorités s'efforceront vraisemblablement de maîtriser en priorité les excès financiers, particulièrement dans le système bancaire parallèle, et de procéder à quelques consolidations budgétaires au niveau local. Nous nous attendons à ce que l'inflation accélère pour atteindre 2,5 %, alimentée par une hausse du prix du pétrole et des articles composant l'inflation de base. Nous adoptons un positionnement globalement neutre sur le yuan, estimant dans l’ensemble que les autorités maîtriseront scrupuleusement les flux de capitaux afin de maintenir une faible volatilité du taux de change.

Au Brésil, en Russie, en Inde et au Mexique nous anticipons une croissance de 4 % en 2018, légèrement supérieure aux prévisions moyennes, et même éventuellement au-delà, du fait du rebond constaté en Inde. Les marchés émergents bénéficient de la reprise au même titre que les marchés développés, comme en atteste l’amélioration des données fondamentales (malgré certaines disparités), mais selon un rythme probablement moins soutenu dans plusieurs cas. En tout état de cause, leur potentiel de croissance a diminué de façon générale et les investisseurs redoubleront sans doute de prudence du fait des aspects politiques. Nous estimons que l’inflation se stabilisera aux alentours de 4,1 %, un niveau également supérieur à celui de la majorité des prévisions, le ralentissement constaté jusqu’à présent sur les ME nous apparaissant plus cyclique que structurel.



1Indice MSCI monde, 2indice S&P 500, 3indice MSCI Europe (MSDEE15N INDEX), 4indice Nikkei 225 (NKY Index), 5indice de rendement global journalier net des marchés émergents MSCI, 6indice IBOVESPA (IBOV Index), 7indice composé de Shanghai (SHCOMP Index), 8indice S&P BSE SENSEX (SENSEX Index), 9indice MICEX (INDEXCF Index), 10indice agrégé mondial des obligations de sociétés Barclays non couvert en $ US, 11indice restreint des titres à rendement élevé des marchés développés BofA Merrill Lynch, 12indice de rendement global des TACH à taux fixe Barclays (non couvert), 13indice des titres de créance de qualité d’investissement non garantis par des organismes Barclays.

Autres Articles

Rubrique:
Tag:
Date:
Expert:
Ticker:
Tout réinitialiser

Smart Charts

Accédez à la bibliothèque de graphiques économiques et boursiers que vous pouvez télécharger, enregistrer et partager.

Mentions Légales

Le rendement passé ne constitue pas un indicateur fiable des résultats futurs. Tous les placements comportent un risque et peuvent perdre de la valeur. Investir sur le marché obligataire comporte certains risques, y compris des risques associés au marché, aux taux d’intérêt, aux émetteurs, à la solvabilité des émetteurs, à l'inflation et à la liquidité. La valeur de la plupart des fonds et stratégies obligataires est affectée par les fluctuations des taux d'intérêt. Les obligations et stratégies obligataires ayant des durées plus longues tendent à être plus sensibles et plus volatiles que celles ayant des durées plus courtes. En général, le cours des obligations baisse lorsque les taux d'intérêt montent et le contexte actuel de taux faibles augmente ce risque. Les réductions actuelles des capacités des contreparties obligataires pourraient contribuer à diminuer la liquidité du marché et à en augmenter la volatilité. La valeur de rachat des placements en obligations peut être inférieure ou supérieure à leur valeur originale. Investir dans des titres libellés en devises étrangères ou domiciliés à l'étranger peut comporter des risques plus élevés en raison des fluctuations des taux de change, des risques économiques et des risques politiques, lesquels peuvent être plus importants dans les marchés émergents. Les taux de change peuvent fluctuer de façon significative durant de courtes périodes et peuvent diminuer les rendements d'un portefeuille. Les titres adossés à des crédits hypothécaires ou à des actifs peuvent s’avérer sensibles aux variations de taux d’intérêt ou au risque de remboursement anticipé et, même s’ils sont généralement soutenus par un gouvernement, un organisme public, ou un garant privé, il n’y a aucune assurance que celui-ci pourra respecter ses obligations. Les titres souverains sont généralement garantis par le gouvernement qui les émet. Les obligations des organismes et des autorités du gouvernement américain sont soutenues à divers degrés, mais habituellement pas par le gouvernement américain. Les portefeuilles qui investissent dans ces titres ne sont pas garantis et leur valeur pourrait fluctuer. Le revenu des obligations municipales peut être imposé au niveau de l’État et au niveau local et parfois à l’impôt minimum de remplacement; une stratégie investissant uniquement dans un État ou dans un nombre limité d'États est exposée à un risque économique et réglementaire plus élevé. Les obligations indexées à l'inflation émises par un gouvernement sont des titres à revenu fixe dont la valeur du capital est ajustée périodiquement selon le taux d’inflation. Leur valeur se déprécie lorsque les taux d'intérêt réels augmentent. Les bons du Trésor protégés contre l’inflation (TIPS) sont des obligations indexées à l'inflation émises par le gouvernement américain. Le revenu des obligations municipales peut être imposé au niveau de l’État et au niveau local et parfois à l’impôt minimum de remplacement. Les titres à revenu fixe de sociétés sont assujettis au risque que l'émetteur ne soit pas en mesure d'effectuer le paiement du capital et des intérêts. De plus, ils sont exposés au risque lié à la volatilité du prix en raison de certains facteurs, comme la sensibilité aux taux d'intérêt, la perception du marché quant à la qualité de crédit de l'émetteur et la liquidité du marché dans son ensemble. La valeur des actions peut diminuer en raison de la conjoncture sectorielle, économique ou boursière, perçue ou réelle. Les matières premières sont exposées à des risques plus élevés, notamment des risques politiques, réglementaires, liés au marché ou aux conditions naturelles. Les FPI comportent certains risques, notamment liés à une contreperformance du gestionnaire, à des évolutions défavorables de la fiscalité ou à l'inadmissibilité du revenu à des exemptions ou allègements d'impôts. Il n'est pas possible d'investir directement dans un indice non géré.


PIMCO ne fournit aucun conseil de nature juridique ou fiscale. Veuillez consulter votre conseiller dans ces domaines si vous avez des questions particulières en matière d'impôt ou de droit. Les propos évoqués aux présentes revêtent par nature une dimension d’ordre général et ne servent qu’à des fins d’information. Aucune garantie n’est donnée quant à leur exactitude ou exhaustivité. Aucun point de vue fiscal mentionné aux présentes ne vise ou ne doit servir à éviter des pénalités imposées par les agences du revenu d'une localité, d'un État ou par l'IRS. Les investisseurs particuliers sont encouragés à consulter leur conseiller juridique et fiscal à propos des aspects évoqués aux présentes, notamment avant de prendre des dispositions en matière de planification successorale, de fiducie, d'investissement ou de retraite.


Ce document contient les opinions du gérant, lesquelles sont sujettes à modification sans notification préalable. Ce document est publié à titre d'information uniquement. Les prévisions, estimations, ainsi que certaines informations contenues dans le présent document s'appuient sur des recherches internes et ne doivent nullement être considérées comme un conseil d'investissement ou une recommandation relative à quelque valeur mobilière, stratégie ou produit d'investissement que ce soit. Les informations contenues dans ce document proviennent de sources réputées fiables, mais ne sauraient être garanties.


PIMCO offre ses services uniquement aux institutions et aux investisseurs qualifiés. Les présentes ne constituent aucunement une offre à qui que ce soit dans les juridictions dans lesquelles elles sont illégales ou non autorisées. | Pacific Investment Management Company LLC, 650 Newport Center Drive, Newport Beach, CA 92660 est soumise à la réglementation de la United States Securities and Exchange Commission. | PIMCO Europe Ltd (société no 2604517) et PIMCO Europe Ltée Italie (société no 07533910969) sont agréées par la Financial Financial Conduct Authority (25 The North Colonnade, Canary Wharf, Londres E14 5HS) au Royaume-Uni. La succursale d’Italie est également agréée par l’AFM et la CONSOB, conformément à l’article 27 de la loi financi&eg