in-page

L'expansion mondiale synchronisée qui a marqué l'année 2017 est déjà loin derrière nous, la croissance mondiale ayant atteint son apogée vers la fin de l'année (voir « Pic de croissance », Perspectives cycliques, décembre 2017). Non seulement la croissance stagne mais elle apparaît également plus irrégulière cette année, selon les régions. Le contexte de marché actuel souligne par conséquent des divergences économiques et une différenciation croissantes entre classes d'actifs et au sein de celles-ci, deux éléments caractéristiques d'une expansion vieillissante. Nous partageons ce point de vue, comme le savent nos lecteurs réguliers.

Penchons-nous à présent sur les perspectives macroéconomiques et de marchés à l'horizon cyclique des 6 à 12 prochains mois. En sommes-nous toujours au « début de la fin » de l'expansion économique, comme nous l'avions conclu lors de notre Forum cyclique qui s'est tenu en mars ou la fin est-elle proche ? À l'inverse, y a-t-il lieu de se montrer plus optimiste en termes de perspectives de croissance face aux réformes fiscales et à la solide croissance des bénéfices et du PIB aux États-Unis ? La correction des marchés émergents et l'élargissement des spreads de crédit et des pays périphériques européens ont-ils par ailleurs créé des opportunités d'achat ?

Décélération synchronisée

Les spécialistes de l'investissement de PIMCO et plusieurs de nos conseillers senior renommés se sont récemment réunis à Newport Beach lors du Forum cyclique de septembre afin d'évoquer notamment ces différentes questions. Comme l'ont constaté plusieurs participants au début de notre Forum, certaines des « désillusions amères » intégrées dans notre thème à long terme à l'issue de notre Forum séculaire annuel qui s'est tenu au mois de mai se sont déjà manifestées ces derniers mois. C'est notamment le cas de l'intensification du conflit commercial entre la Chine et les États-Unis, du conflit menaçant entre l'Union européenne et le gouvernement populiste italien et, bien entendu, des turbulences observées récemment sur les marchés émergents. Tous ces éléments confirment l'accent que nous plaçons à long terme sur la prudence et la liquidité.

Nous avons convenu que ces récents développements politiques et des marchés sont pertinents pour nos perspectives cycliques dans la mesure où ils ont provoqué un resserrement des conditions financières mondiales et un accroissement des incertitudes politiques et économiques, tous deux susceptibles de refroidir les « esprits animaux » des entreprises et des consommateurs aux quatre coins de la planète.

« Selon notre scénario cyclique de base, la divergence économique de cette année devrait faire place à une décélération plus synchronisée de la croissance en 2019. »

Dans ce contexte et alors que la relance budgétaire américaine devrait commencer à décliner l'an prochain, notre scénario cyclique de base prévoit que la divergence économique de cette année (caractérisée par une accélération de la croissance outre-Atlantique mais un ralentissement dans le reste du monde) devrait faire place à une décélération plus synchronisée de la croissance en 2019. Selon nos prévisions, les trois grands - à savoir les États-Unis, la zone euro et la Chine - devraient tous être confrontés à un tassement de la croissance du PIB l'an prochain : Une croissance qui ralentit donc.

Resserrement monétaire aux Etats-Unis

Malgré ce ralentissement, l'activité des principales économies devrait néanmoins continuer à se développer à un rythme supérieur à la tendance et absorber ainsi une partie de l'excédent subsistant sur les marchés de l'emploi sur notre horizon cyclique. Dans ce contexte, les grandes banques centrales devraient continuer à resserrer progressivement la vis :

  • Après le relèvement attendu de la fourchette cible des taux des fonds fédéraux à 2,0-2,25 % en septembre, le FOMC devrait encore augmenter les taux à trois reprises d'ici fin 2019, alignant ainsi les taux sur l'estimation médiane des membres du FOMC pour le taux neutre à plus long terme.
  • S'il est probable que la Réserve fédérale continuera à réduire la taille de son bilan sur notre horizon cyclique, il se peut qu'elle mette fin à ce processus d'ici fin 2019.
  • La Banque centrale européenne (BCE) devrait selon nous mettre fin à ses achats d'actifs nets d'ici la fin de cette année mais continuer à réinvestir les obligations arrivant à échéance pour le moment. Le taux de dépôt, qui s'établit actuellement à -40 points de base, ne devrait pas être relevé avant le second semestre 2019, voire plus tard encore si l'inflation core ne se redresse pas autant que ne le prévoit actuellement les équipes de la BCE.
  • Sur notre horizon cyclique, la Banque du Japon (BOJ) devrait suivre ses récentes prévisions modérées de taux directeurs inchangés (taux au jour le jour de -10 points de base et rendement des JGB à 10 ans de 0 %). Il est toutefois probable que la politique de contrôle opérationnel de la courbe des rendements soit à nouveau quelque peu modifiée l'an prochain afin de faciliter une plus forte pentification de la courbe, ce qui soutiendrait les institutions financières japonaises.

Des risques qui ne sont pas à sens unique

Durant nos discussions, nous avons estimé que les risques autour de notre scénario de base d'une « une croissance qui ralentit » étaient globalement symétriques, la politique commerciale étant le principal facteur déterminant à court terme.

  • Les prévisions de base de notre équipe Macro intègrent la prochaine salve de hausses des tarifs douaniers entre les États-Unis et la Chine qui a été annoncée récemment (les États-Unis imposant des droits de douane sur 200 milliards USD d'importations supplémentaires depuis la Chine et celle-ci imposant à son tour des tarifs douaniers sur 60 milliards USD supplémentaires de produits américains).
  • Dans un scénario de guerre commerciale plus défavorable, où les États-Unis imposeraient des droits de douane sur toutes les importations chinoises et introduiraient des tarifs douaniers sur les pièces et les automobiles importées de différents pays, et où les partenaires commerciaux riposteraient à leur tour via des tarifs douaniers et, dans le cas de la Chine, une nette dépréciation de la devise, la croissance tant américaine que mondiale devrait selon nous enregistrer un net ralentissement, même si une récession pure et simple serait malgré tout évitée.
  • À l'inverse, en cas d'apaisement des relations commerciales, de conclusion d'accords commerciaux et de réduction des droits de douane récemment imposés et de certains tarifs douaniers qui existaient déjà, la croissance mondiale pourrait alors être maintenue à son taux actuel sur notre horizon cyclique.

 

« La politique commerciale est le principal facteur déterminant à court terme. »

 

D'autres risques ont également été mis en évidence et abordés lors de ce forum, notamment la menace de conflit en Europe lié au populisme italien, ainsi que les risques potentiels de hausse des investissements des entreprises aux États-Unis face à la forte croissance bénéficiaire, à la déréglementation et à l'augmentation de l'utilisation des capacités.

Ailleurs, nous avons estimé que les perspectives de nombreuses économies émergentes demeurent délicates dans un environnement de ralentissement de la croissance du commerce mondial, de hausse des taux américains et d'incertitudes politiques nationales. Par ailleurs, si la situation continue à se dégrader dans les marchés émergents, cela pourrait finalement avoir des répercussions aux États-Unis avec une vigueur excessive du dollar d'une part et un tassement de la croissance du commerce mondial d'autre part.

Un cinquième set sans tie break

Si nous avons à nouveau confirmé notre thèse de fin de cycle lors du forum, l'un des participants nous a rappelé qu'un environnement de fin de cycle pouvait durer longtemps : « Imaginez-vous un cinquième set à Wimbledon sans tie break. » Il peut en effet durer en l'absence d'excès et d'erreurs politiques majeures. Par conséquent, si nous sommes conscients des risques de fin précoce, nous pensons qu'il est trop tôt pour mettre les voiles.

En effet, nous n'anticipons pas de récession l'an prochain dans le cadre de notre scénario de base et estimons dès lors que nous resterons dans cette phase de fin de cycle pendant un certain temps. Jusqu'à présent, aucun des déséquilibres intérieurs qui précèdent généralement une récession - à savoir une surconsommation, des surinvestissements, une bulle immobilière ou une croissance salariale excessive - n'est survenu. La question de savoir si la Fed relèvera ou non les taux bien au-delà de la neutralité aura toutefois toute son importance. Comme nous l'avons expliqué ci-dessus, elle ne devrait selon nous pas le faire, du moins l'an prochain, mais plutôt marquer une pause après avoir relevé les taux à un niveau relativement neutre de 2,75-3 % et terminer la réduction de son bilan fin 2019. Par conséquent, si nous sommes toujours d'avis qu'une récession est relativement probable sur notre horizon séculaire de trois à cinq ans, celle-ci n'est pas encore visible à l'horizon cyclique.

Conclusions d’investissement

Il devrait être clair, à présent, que notre scénario de base à l'horizon cyclique est relativement optimiste. Néanmoins, sur le front macroéconomique et des marchés, nous entendons surveiller de très près les nombreux risques qui pourraient venir menacer ce scénario de base.

Ces prochains mois, nous pourrons affirmer avec certitude si oui ou non la Fed est susceptible de mettre un terme à la hausse des taux à un niveau proche de neutre ou si elle passera directement à une politique monétaire stricte pour les États-Unis. La BCE entrera elle-même en phase de resserrement avec la fin attendue de son assouplissement quantitatif et le lancement d'une politique de relèvement des taux (probablement au second semestre 2019). La BoJ a déjà nettement réduit ses achats de JGB, et nous estimons qu'elle procédera à d'autres ajustements de sa politique de ciblage de la courbe de taux, qui vise une hausse des rendements et une pentification de la courbe.

« Un environnement de fin de cycle peut durer longtemps en l'absence d'excès et d'erreurs politiques majeures. »

Notre scénario de base table certes sur une économie mondiale faisant état d'« une croissance qui ralentit », mais il est possible que l'incertitude macroéconomique et la volatilité s'accroissent. L'inflation core aux États-Unis est bien partie pour dépasser la cible de la Fed alors que le marché du travail est proche du plein emploi. Le populisme jette une ombre sur les perspectives tant des États-Unis que de l'Italie, mais aussi d'un certain nombre de marchés émergents d'importance systémique.

Cette volatilité macroéconomique et de marché intervient alors que, sur de nombreux marchés, la volatilité est faible et les valorisations justes voire tendues. La croissance pourrait se poursuivre, mais l'environnement de marché risque également de devenir plus complexe et la liquidité et la structure de marché pourraient être mises à l'épreuve, notamment dans l'univers du crédit.

S'agissant de la construction du portefeuille, il est selon nous sensé de mettre l'accent sur la prudence et de ne pas négliger les différents risques en dehors du scénario de base. Nous souhaitons privilégier la flexibilité afin de pouvoir réagir en cas de chocs, tant positifs que négatifs. Comme nous l'avons précisé dans nos Perspectives séculaires de mai, si nous sommes contraints de céder une partie du rendement du portefeuille pour pouvoir jouir de cette flexibilité – par exemple en détenant davantage d'instruments à court terme hautement liquides – c'est un sacrifice qui nous paraît tout à fait raisonnable dans le contexte actuel. Nous chercherons à générer un revenu par le biais de nombreuses sources, sans miser sur la surpondération du crédit d'entreprises. Il est impossible de prédire avec exactitude quand le cycle de crédit changera de cap, mais nous pouvons tout mettre en œuvre afin de nous assurer d'être préparés lorsque cela arrivera.

Sensibilité : légère sous-pondération

Nous sommes toujours d'avis que le cadre de la Nouvelle Neutralité, caractérisé par des taux directeurs bas qui enracinent les marchés obligataires mondiaux, reste d'actualité. Si notre scénario de base table sur des marchés mondiaux évoluant dans une fourchette, nous pensons toutefois qu'il est plus probable d'assister à une hausse marquée des rendements qu'à un net repli, et nous entendons donc maintenir une légère sous-pondération s'agissant de notre positionnement sur la sensibilité.

Les rendements au Royaume-Uni sont très faibles par rapport à leurs niveaux historiques, et plus particulièrement en regard de leurs homologues américains. Dès lors que nous anticipons une sortie du Royaume-Uni de l'UE relativement ordonnée – malgré les risques d'événement extrême tant annoncés que réels –, nous estimons qu'il est judicieux de sous-pondérer la sensibilité aux taux britanniques. Nous maintenons la pondération des sensibilités dans le monde à des niveaux relativement proches de ceux de l'indice de référence, mais le cas du Japon nous semble particulier et nous y sous-pondérons la sensibilité aux taux, au vu des probables ajustements de l'approche de la BOJ en matière de contrôle de la courbe des rendements, mais aussi en tant que couverture contre une forte hausse inattendue des rendements mondiaux qui toucherait également le Japon, quoiqu'avec un temps de retard.

Pentification de la courbe

La courbe américaine est plate, tant en termes historiques que par rapport à celle d'autres marchés développés. Par ailleurs, si des risques importants menacent nos perspectives, les risques d'une récession aux États-Unis nous semblent relativement limités pour l'année à venir. La fin prochaine du cycle de relèvement des taux outre-Atlantique, la perspective d'une hausse de la volatilité de marché (les banques centrales mondiales intervenant moins pour juguler la volatilité) et le risque d'une progression de l'inflation aux États-Unis sont autant d'éléments qui nous incitent à renforcer notre biais structurel en faveur de positions misant sur une pentification de la courbe au sein de nos portefeuilles, afin de générer un revenu en surpondérant la partie très courte de la courbe. Selon nous, la diversification offerte par le positionnement sur la courbe présente un meilleur potentiel de risque/rendement que de larges positions sur la sensibilité.

Prudence vis-à-vis du crédit d'entreprises

Nous entendons sous-pondérer légèrement le risque de crédit d'entreprises en raison des valorisations plutôt tendues, des inquiétudes relatives à la liquidité de marché et des positions surpeuplées faisant suite à des flux de plusieurs années en faveur du crédit. Le crédit devrait très probablement continuer d'enregistrer de bons résultats à l'horizon cyclique, mais il nous semble prudent d'adopter une position sous-pondérée dès lors qu'il est incertain que la liquidité sera au rendez-vous en cas de fuite vers la qualité et au vu de la détérioration continue des conditions de crédit. Lorsque le cycle de crédit évoluera, nous souhaitons être en position de force, en tant que fournisseur de liquidité et non pas de vendeur forcé. En attendant, nous aspirons à éviter les obligations d’entreprises génériques au comptant de catégorie investment grade et à haut rendement. Nous entendons plutôt mettre l'accent sur une large gamme de positions à plus court terme sur le crédit qui « plient mais ne rompent pas », et qui devraient selon nous tirer leur épingle du jeu dans un environnement plus complexe, ainsi que sur les meilleures vues de valeur relative de notre équipe crédit mondial.

Surpondération du crédit structuré

Nous souhaitons maintenir notre surpondération des crédits hypothécaires hors agences et, plus largement, des produits structurés (notre conviction la plus forte en matière de spread), sur la base des valorisations, de la nature défensive des expositions au crédit et du risque limité de perte totale. À nos yeux, les titres adossés à des crédits hypothécaires d'agences affichent par ailleurs un prix raisonnable et constituent une bonne source de revenus.

Devises et marchés émergents

Nous sommes très mitigés quant à l’évolution du dollar américain face aux autres devises du G-10, compte tenu des anomalies de valorisation limitées sur les marchés et de la croissance plus équilibrée que nous anticipons dans les marchés développés après les divergences de 2018. Nous entendons maintenir une légère surpondération des devises émergentes, dans une mesure restreinte toutefois pour tenir compte tant des valorisations attrayantes que de l'incertitude marquée vis-à-vis des perspectives des différents pays. Un repli des valorisations et/ou des signes que les tensions commerciales resteront contenues et que le cycle de relèvement de taux de la Fed prend fin seraient des facteurs clés qui pourraient nous inciter à adopter une position plus positive vis-à-vis des devises émergentes, et des marchés émergents plus généralement, en sus de notre évaluation de l'orientation de la politique et autres risques idiosyncratiques parmi les pays.

Prudence vis-à-vis de la périphérie européenne et du crédit

Comme nous l'avons souligné dans nos Perspectives séculaires, face au manque de visibilité quant à l’attitude des banques centrales sur le long terme, nous projetons de prendre une position limitée sur les secteurs qui dépendent largement du soutien de ces institutions. La fin de l'assouplissement quantitatif de la BCE et la hausse de l'offre que devront absorber les investisseurs privés représenteront un défi quoi qu'il arrive. Aujourd'hui, le gouvernement populiste imprévisible en Italie rend la situation encore plus difficile. Eu égard aux valorisations, il est selon nous judicieux d'adopter une approche prudente vis-à-vis de l'Italie et des autres pays périphériques de l'Europe, ainsi que du risque lié aux obligations d'entreprises européennes.

Actions : préférer les valeurs défensives aux titres cycliques

Plus généralement, sur le front de l'allocation d'actifs, l'environnement actuel de fin de cycle, caractérisé par le resserrement de politique de la Fed, des pressions à la hausse sur l'inflation et un protectionnisme accru devrait selon nous entraver l'expansion des multiples des actions. La perspective cyclique d'une « croissance qui ralentit » laisse entendre une baisse des anticipations de rendements. Dans un tel environnement, il est logique d'adopter une approche plus défensive en augmentant la qualité du portefeuille, tout en mettant l'accent sur la pérennité de la croissance et en réduisant l'exposition au bêta cyclique. Nous privilégions les marchés actions américains plus rentables et moins cycliques par rapport au reste du monde et préférons les grandes capitalisations de qualité à ce stade du cycle.

Matières premières : un investissement de fin de cycle intéressant

En tant que classe d'actifs, les matières premières performent en règle générale le mieux en fin d'expansion économique. L'activité économique connexe robuste s'est alliée aux contraintes en termes d'offre (certaines découlant de mesures politiques) pour venir soutenir les perspectives de rendement, et la génération de revenus provenant d'un investissement garanti en matières premières pointe largement en territoire positif pour la première fois depuis 2014. Ces perspectives favorables ne s'appliquent aucunement de manière uniforme à l'ensemble de l'univers, dès lors que les contraintes du côté de l'offre diffèrent en fonction de la matière première. Nous sommes particulièrement optimistes vis-à-vis du pétrole. En effet, la décision des États-Unis de réinstaurer les sanctions à l'encontre de l'Iran éliminera toute capacité inutilisée sur les marchés mondiaux du pétrole.

Perspectives économiques régionales

États-Unis

Après une progression de près de 3 % cette année, la croissance du PIB réel devrait ralentir, pour s'établir dans une fourchette inférieure au consensus de 2 %-2,5 % en 2019, reflétant ainsi le moindre soutien des mesures de relance budgétaire, la levée des politiques monétaires accommodantes, la vigueur du dollar et l'environnement commercial et extérieur moins favorable.

Néanmoins, avec une croissance économique toujours supérieure à son potentiel (environ 1,8 %), la croissance de l'emploi devrait s'élever en moyenne à 150 000 postes supplémentaires par mois, et le taux de chômage devrait encore reculer pour atteindre quelque 3,6 %. Le core CPI (à 2,2 % selon les dernières données) devrait arriver à un plafond à environ 2,5 % en glissement annuel en raison des effets à retardement des hausses des droits de douane, avant de se replier quelque peu dès lors que les anticipations d'inflation devraient rester ancrées et que la courbe de Phillips (inflation) est relativement plate.

Dans un tel contexte et dans le sillage de la hausse attendue des taux en septembre (de 2 % à 2,25 %), nous tablons sur trois relèvements supplémentaires du taux des fonds fédéraux d'ici fin 2019, qui le porterait à l'estimation médiane des membres du FOMC pour le taux neutre à plus long terme de près de 3 %.

Selon nous, il est par ailleurs tout à fait possible que le Conseil des gouverneurs de la Fed décide d'accroître les réserves de fonds propres contre-cycliques plus tard cette année, ce qui imposerait aux grandes banques de constituer une marge de capitaux supplémentaire sur une période de 12 mois maximum et viserait à apaiser les inquiétudes concernant la stabilité financière.

Zone euro

La croissance du PIB de la zone euro devrait selon nous ressortir entre 1,5 % et 2,0 % l'année prochaine, un niveau bien inférieur aux 2,5 % enregistrés en 2017, mais toujours supérieur à la croissance potentielle de la production. Les derniers indices des directeurs d'achat indiquent une divergence de plus en plus marquée au sein de la zone euro, avec un décrochage de l'Italie. Ce cas mérite une attention toute particulière en raison des penchants du gouvernement anti-establishment, tout à fait opposé à l'euro, sur lesquels le marché a pour l'heure tiré le rideau.

L'inflation core des prix à la consommation reste coincée aux alentours de 1 % depuis plusieurs années maintenant, mais elle devrait selon nous repartir à la hausse sur l'année à venir pour atteindre 1,4 %. En effet, le chômage devrait continuer à reculer, les salaires commencent à augmenter (plus particulièrement en Allemagne) et l'euro a cessé de s'apprécier. Néanmoins, ce taux serait tout de même inférieur aux propres prévisions de la BCE et maintiendrait l'inflation sous son objectif, « légèrement inférieur à 2 % ».

La BCE devrait toutefois mettre un terme à ses achats d'actifs nets d'ici la fin de l'année, comme elle l'a déjà annoncé. Nous pensons en outre qu'il est probable qu'un premier relèvement des taux intervienne durant le second semestre 2019. Ces décisions ainsi que nos perspectives selon lesquelles la Fed marquera une pause dans ses relèvements l'année prochaine et pourrait finir d'assainir son bilan d'ici fin 2019 donneront lieu à une divergence fort intéressante sur le front de la politique monétaire, qui pourrait avoir d'importantes conséquences pour les devises.

R.-U.

Selon nous, la croissance du PIB nominal pour 2019 sera en ligne avec le consensus, mais nous anticipons une répartition plus favorable entre inflation et croissance réelle de la production.

Nos prévisions pour la croissance du PIB réel sont supérieures au consensus (fourchette comprise entre 1,5 % et 2 %) dès lors que nous tablons sur une avancée des négociations sur le Brexit, et pensons qu'un Brexit dur sera évité. Une telle situation devrait soutenir la demande domestique sur l'année 2019.

Nos prévisions d'inflation, inférieures au consensus, tablent sur un retour de l'inflation en deçà de l'objectif de 2 % dans le courant de l'année prochaine, à mesure que les pressions sur les prix à l'importation se relâchent et grâce à la faible croissance des salaires, qui contiendra l'inflation dans le secteur des services.

Dans un tel contexte, nous anticipons un à deux relèvement(s) supplémentaire(s) de la part de la Banque d'Angleterre l'année prochaine.

Japon

Nous prévoyons une hausse constante du PIB réel nippon en 2019 (entre 1 % et 1,5 %), soutenue par un marché du travail proche du plein emploi et une politique budgétaire accommodante.

Toutefois, avec les anticipations d'inflation obstinément faibles et l'amélioration de la productivité de la main-d'œuvre qui contient les coûts salariaux unitaires malgré une accélération de la croissance des salaires, l'inflation core ne devrait augmenter que très peu, dans une fourchette comprise entre 0,5 % et 1 %, bien en deçà de l'ambitieux objectif de 2 %.

Bien que la Banque du Japon ne devrait selon nous pas augmenter les taux d'intérêt officiels sur notre horizon cyclique, nous anticipons toutefois une diminution indirecte des achats de JGB, avec des acquisitions moins nombreuses parmi les échéances supérieures à 10 ans, contribuant ainsi à une nouvelle pentification de la courbe des rendements. Cette mesure vise à atténuer une partie des effets secondaires néfastes des taux d'intérêt bas sur le secteur financier.

Chine

Chine Notre scénario de base table sur une croissance du PIB réel pour 2019 comprise entre 5,5 % et 6,5 % environ, reflétant ainsi les lourdes incertitudes au niveau des perspectives causées par les tensions commerciales avec les États-Unis et par une politique économique qui tente de répondre à des objectifs partiellement divergents (croissance/emploi vs stabilité financière/désendettement). Notre scénario de base ne tient compte que des droits de douane supplémentaires annoncés récemment entre les États-Unis et la Chine, et non d'éventuelles mesures ultérieures. Il prévoit également une expansion budgétaire représentant quelque 1 % du PIB, axée sur des investissements publics accrus et une réduction fiscale pour les ménages.

Dans le même temps, nous anticipons un léger rebond de l'IPC (à 2,5 %) sur fond de hausse des prix de l'énergie et de l'alimentation. La Banque populaire de Chine (PboC), qui a conservé l'ensemble des mesures de resserrement mises en place en 2016, devrait par ailleurs maintenir inchangés les taux d'intérêt et les ratios de réserves obligatoires sur notre horizon de prévisions. Toute dépréciation supplémentaire de sa monnaie face au dollar américain devrait être modérée selon notre scénario de base. Toutefois, si une guerre commerciale d'ampleur devait se déclarer, nous anticiperions un assouplissement monétaire et une forte dépréciation de la devise (environ 10 %).

 

Growth Outlook 2019 - GDP Range

NOTRE PROCESSUS

La puissance de la diversité des idées

Le processus d’investissement top-down, bottom-up distinctif de PIMCO est conçu de façon à encourager les idées nouvelles et les points de vue divergents. Notre Forum cyclique trimestrielles formule des analyses sur un horizon d'un an et c'est dans ce cadre que nous positionnons les portefeuilles.

Processus d’investissement de PIMCO

PIMCO estime que les rendements dépendent de la qualité de la préparation. Le processus d’investissement de PIMCO nous permet d’évaluer continuellement les évolutions des risques et des opportunités, dans le but de créer des solutions novatrices et tournées vers l’avenir pour nos clients.

Mentions Légales

Les performances passées ne constituent pas une garantie ou un indicateur fiable des résultats futurs.

L'investisseur sur le marché obligataire s'expose à certains risques au nombre desquels un risque de marché, de taux, de signature, de crédit, d'inflation et de liquidité. La valeur de la plupart des obligations et stratégies obligataires est affectée par les variations de taux d'intérêt. Les obligations et les stratégies obligataires assorties de sensibilités plus longues ont tendance à être plus sensibles et plus volatiles que celles qui affichent des sensibilités plus courtes. De façon générale, les prix des obligations chutent quand les taux d'intérêt augmentent, un risque renforcé par le contexte actuel de taux d'intérêt bas. La réduction actuelle des capacités des contreparties obligataires peut contribuer à un assèchement de la liquidité sur le marché et à une volatilité accrue au niveau des prix. La valeur des investissements obligataires peut être supérieure ou inférieure à leur coût d'achat à la date de cession. Les titres souverains sont généralement garantis par le gouvernement qui les émet. Les obligations d'agences et émanations du gouvernement américain bénéficient d'une certaine forme de protection mais pas de la pleine garantie du gouvernement américain. Les portefeuilles qui investissent dans de tels titres ne sont pas garantis et subissent des fluctuations de valeur. L'investissement dans des titres libellés en devise étrangère et/ou domiciliés à l'étranger peut entraîner des risques plus élevés en raison des fluctuations de change et des risques économiques et politiques potentiellement plus élevés dans les marchés émergents. Les taux de change peuvent fluctuer sensiblement sur de courtes périodes et réduire les performances d'un portefeuille. Les titres adossés à des crédits hypothécaires ou à des actifs peuvent s’avérer sensibles aux variations de taux d’intérêt ou au risque de remboursement anticipé et, même s’ils sont généralement soutenus par un gouvernement, un organisme public, ou un garant privé, il n’y a aucune assurance que celui-ci pourra respecter ses obligations. Les actions pourraient diminuer de valeur en raison des conditions réelles et perçues du marché général, de l’économie et de l’industrie. Les matières premières comportent des risques accrus, parmi lesquels les risques de marché, politiques, réglementaires et environnementaux, et peuvent ne pas convenir à tous les investisseurs. Les obligations de sociétés sont assujetties au risque de non-paiement du capital et des intérêts par l'émetteur, ainsi qu'à la volatilité des cours liée à certains facteurs tels que la sensibilité aux taux d'intérêt, la perception de la solvabilité de cet émetteur par le marché et la liquidité boursière dans son ensemble. La diversification ne constitue pas une garantie contre les pertes.

Rien ne dit que les stratégies d'investissement porteront leurs fruits dans toutes les conditions de marché ou qu'elles sont adaptées à tout type d'investisseur. Il est conseillé à chaque investisseur d'évaluer sa capacité à investir sur le long terme et plus particulièrement durant les replis boursiers. Il est recommandé aux investisseurs de consulter leur professionnel de l'investissement avant de prendre toute décision en matière d'investissement.

Ce document contient les opinions actuelles du gérant, lesquelles sont sujettes à modification sans notification préalable. Ce document est publié à titre d'information uniquement. Les prévisions, estimations, ainsi que certaines informations contenues dans le présent document s'appuient sur des recherches internes et ne doivent nullement être considérées comme un conseil d'investissement ou une recommandation relative à quelque valeur mobilière, stratégie ou produit d'investissement que ce soit. Les informations contenues dans ce document proviennent de sources réputées fiables, mais ne sauraient être garanties. Aucune partie de ce document ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit et il ne peut y être fait référence dans aucune autre publication sans permission écrite expresse. PIMCO est une marque d’Allianz Asset Management of America L.P. aux États-Unis et ailleurs. THE NEW NEUTRAL est une marque de Pacific Investment Management Company LLC aux États-Unis et ailleurs. ©2018, PIMCO.