Blog

Hausse des taux : pas si vite

Une variété de facteurs devrait limiter une progression trop importante des taux.

Les marchés financiers mondiaux se sont retrouvés englués dans les craintes relatives à une montée des taux d'intérêt aux États-Unis ces dernières semaines, les investisseurs s'interrogeant sur la persistance ou non de la faiblesse historique des taux à l'échelle mondiale.

Pour nous, la réponse est affirmative. En dépit de la récente progression des taux, nous sommes convaincus que notre thèse de la Nouvelle Neutralité - selon laquelle les facteurs économiques et démographiques pèseront sur les taux d'intérêt d'équilibre - reste le cadre le plus approprié pour évaluer les actifs obligataires.

Les taux directeurs devraient rester au plus bas en Europe et au Japon, dès lors que la Banque centrale européenne et la Banque du Japon maintiendront sans doute leurs taux autour de zéro pour au moins plusieurs années encore.

Pour ce qui est des États-Unis, la situation de quasi plein emploi obligera selon nous la Réserve fédérale à rester fidèle à sa trajectoire de relèvement graduel des taux, exerçant en continu une pression haussière sur les taux d'intérêt du marché. Le scénario est néanmoins déjà en grande partie écrit, et les taux ne peuvent plus guère monter, en raison d'une multitude de facteurs aussi solides que variés.

Le point de décision

Cela étant dit, les investisseurs obligataires se rapprochent du « point de décision », qui consiste à savoir si la Fed mettra fin ou non au cycle de relèvement des taux lorsque le taux des fonds fédéraux atteindra 2,875 %. Depuis trois ans environ, le marché obligataire voit en ce niveau le taux directeur final, ce qui implique une progression de quelque 75 points de base par rapport au niveau actuel. Par conséquent, pour que les rendements des bons du Trésor se détachent de manière significative des niveaux actuels, il faudrait que les investisseurs s'attendent à ce que le taux final des fonds fédéraux soit ou plus élevé, ou plus bas.

Ce point de décision explique les raisons pour lesquelles des taux légèrement plus élevés sont plausibles. Les investisseurs peuvent avoir confiance dans les prévisions de la Réserve fédérale concernant la culmination du taux directeur à 3,4 %, avec des rendements des bons du Trésor qui convergent vers ce niveau, voire le dépassent. Qui plus est, comme nous l'évoquions dans nos perspectives de mars « Le début de la fin ? », le taux directeur neutre est une indication, et non une limite inférieure ou supérieure.

Néanmoins, dans nos dernières Perspectives cycliques « Une croissance qui ralentit », nous prédisons que la Fed relèvera son taux directeur qui devrait s'établir dans une fourchette de 2,75 à 3,00 % d'ici la fin 2019, au mieux. Nous pensons que les jalons du cadre de la Nouvelle Neutralité restent fermement en place, notamment les facteurs démographiques tels qu'une génération du baby-boom vieillissante, qui entravera le potentiel de croissance américain dans les années 2030. Les lentes progressions des dépenses d'investissement et d'infrastructures sont également un facteur d'influence négatif pour la croissance de la productivité. Enfin, le ralentissement historique de la création de crédit, un taux d'épargne mondial élevé et la prudence au niveau des dépenses des ménages complètent les arguments en faveur de cette thèse.

Des implications plus vastes pour le marché

Les investisseurs troublés par la combinaison de la baisse des cours des actions et des obligations devraient tenir compte de la dynamique de fin de cycle - comme l'explique Mihir Worah, CIO Asset Allocation, dans son article « Investir en fin de cycle » - cette dernière étant susceptible d'affecter leurs portefeuilles, et se concentrer davantage sur les facteurs de risque tels que les actions, les taux d'intérêt, la volatilité et la liquidité, en construisant leurs portefeuilles selon une approche bottom-up plutôt que de viser un beta purement axé sur les actions et le crédit.

En résumé, si les facteurs pouvant laisser entrevoir une récession économique de fin de marché haussier sont nombreux, les taux d'intérêt mondiaux élevés n'en font pas partie. Pourtant, pour des économies qui sont aujourd'hui foncièrement fragiles, tout écart par rapport au contexte extraordinaire de taux bas est susceptible d'entraîner des remous ici et là.

Cet article vous a plu ? Abonnez-vous au blog PIMCO pour recevoir les dernières actualités.

S'ABONNER

L’auteur

Tony Crescenzi

Stratégiste de marché et gestionnaire de portefeuilles

Afficher le profil

Latest Insights

Similaire

Mentions Légales

London
PIMCO Europe Ltd
11 Baker Street
London W1U 3AH, England
+44 (0) 20 3640 1000

Dublin
PIMCO Europe GmbH Irish Branch,
PIMCO Global Advisors (Ireland)
Limited
3rd Floor, Harcourt Building 57B Harcourt Street
Dublin D02 F721, Ireland
+353 (0) 1592 2000

Munich
PIMCO Europe GmbH
Seidlstraße 24-24a
80335 Munich, Germany
+49 (0) 89 26209 6000

Milan
PIMCO Europe GmbH - Italy
Corso Matteotti 8
20121 Milan, Italy
+39 02 9475 5400

Zurich
PIMCO (Schweiz) GmbH
Brandschenkestrasse 41
8002 Zurich, Switzerland
Tel: + 41 44 512 49 10

Madrid
PIMCO Europe GmbH - Spain
Paseo de la Castellana, 43
28046 Madrid, Spain
Tel: +34 810 809 912

PIMCO